Quelle place pour l’incinération des déchets ?

http://www.ecogisements.org/futur-incineration-des-dechets-3336

L’Europe cherche encore le modèle idéal de valorisation. L’incinération des déchets fait partie des technique de valorisation énergétique de la directive cadre des déchets de 2008, mais quelle utilisation en faire face aux autres méthodes de valorisation matière – telles la prévention, le réemploi, le recyclage et le compostage ?

Les eurodéputés appellent la Commission européenne à mettre un frein à l’incinération des déchets recyclables et biodégradables d’ici 2020.

Fidèles à leurs actions de l’été, les députés mettent en avant l’une des dernières parties du paquet économie circulaire.

Alors que la mise en décharge des déchets connaît un essoufflement en Europe, l’incinération prend quant à elle de l’envol. Elle tend d’ailleurs à se positionner progressivement comme une alternative au traitement des déchets solides municipaux.

De l’incinération, il émane en outre de la chaleur et de l’énergie. Ce qui peut ainsi alimenter des habitations. La facture à payer reste toutefois salée. Chaque tonne incinérée produit 20 % de cendres contenant des métaux lourds et des substances toxiques.

L’influence du climat

L’activité des unités d’incinération reste d’autre part influencée par les conditions climatiques. Une directive européenne, publiée officiellement en juillet, vise à accorder une compensation aux incinérateurs dont les résultats sont influencés par le climat. Ce texte modifie la directive cadre sur les déchets de 2008.

Certains éléments techniques démontrent que les conditions climatiques locales dans l’Union influent sur les quantités d’énergie pouvant être techniquement utilisées ou produites sous forme d’électricité, de chauffage, de refroidissement ou de vapeur industrielle par les installations d’incinération spécialisées dans le traitement des déchets municipaux solides“, a expliqué la Commission européenne.

Dans une démarche de garantie d’une concurrence équitable, la nouvelle directive définit un facteur de correction climatique (FCC) qui devrait permettre à des centres d’incinération de devenir « des installations d’incinération aux fins de valorisation ». Cette modification législative devra être transposée dans le droit national des Etats membres d’ici le 31 juillet 2016.

L’incinération des déchets en France

La différence entre l’incinération et le recyclage fait débat depuis plusieurs mois en France. Les prises de position de La ministre de l’Ecologie Ségolène Royal en opposition à l’incinération ne sont pas passées inaperçues. Dans ses réponses aux auditeurs de la matinale de France Inter du 23 juin, la ministre a réitéré son point de vue. « Les incinérateurs, c’est une technologies complètement dépassée. Il faut maintenant s’orienter vers une société zéro déchet », a-t-elle déclaré en faisant référence à une politique de la ville de San Francisco.

Une controverse était déjà apparue en février dernier à la suite de la publication d’un articlepar le média Alternatives Economiques, expliquant comment l’incinération « est un complément utile au recyclage ». L’association Zero Waste France (ZWF) a réagi à cet article quelques jours plus tard par le biais d’une lettre ouverte au média, lui rappelant notamment que « présenter l’incinération comme une unité de valorisation idéale pour les refus de tri revient donc à nier la réalité de ce mode de traitement aujourd’hui ».

Nous publions une lettre ouverte à @AlterEcoMag, mise au point indispensable suite à article https://www.zerowastefrance.org/fr/articles/141-lettre-ouverte-a-alternatives-economiques-suite-a-l-article-faut-il-bruler-les-incinerateurs-publie-dans-le-numero-343-de-fevrier-2015 

Photo published for Lettre ouverte à Alternatives Economiques, suite à l'article

Lettre ouverte à Alternatives Economiques, suite à l’article

Nous publions une réponse détaillée à cet article qui présentait une vision biaisée et incomplète de l’incinération.

zerowastefrance.org

Alternatives Economiques s’était défendu pour sa part en rappelant que « l’incinération reste un moyen pertinent de traiter les déchets quand les autres moyens qui le précèdent dans la « hiérarchie des déchets » n’ont pas pu être mis en œuvre pour diverses raisons, notamment techniques et économiques. »  Une réponse qu’est venu compléter le journaliste spécialisé Olivier Guichardaz, qui a réalisé peu de temps après un dossier de fond consacré à l’incinération des déchets.

Des particules fines réutilisées

In fine, outre l’intérêt économique – qui prime parfois, hélas, l’intérêt écologique pour certains Etats, l’incinération des déchets existe pour répondre au fait que tous les matériaux ne sont pas recyclables. C’est par exemple le cas de certains emballages alimentaires qui contiennent des matériaux composites comportant de très fines couches de métal. Ces couches ne peuvent ni être séparées ni recyclées. D’autres matières peuvent en outre perdre une part importante de leur valeur après une première utilisation. C’est pourquoi les incinérateurs reçoivent encore de nombreux de ces flux.

Certaines entreprises auraient trouvé le moyen d’inscrire davantage l’incinération dans l’économie circulaire. Leurs idées tirent leur source dans la récupération et ensuite dans la réutilisation des particules fines produites par les incinérateurs. Veolia récupère ainsi près de 500.000 tonnes annuelles de mâchefers, composés notamment d’or et d’argent. Après leur revente, ces minerais sont réinjectés dans de nouveaux cycles de production, comme le veut le principe de l’urban mining.

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