Brûler ou Trier ?

Nous ne disposons pas des caractérisations des poubelles grise sur l’Aube mais les chiffres nationaux des caractérisations de nos poubelles grises parlent d’eux-même.

Il n’est plus concevable aujourd’hui de laisser brûler des matières premières valorisables.

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Brûler ou trier ? mais de toute façon réduire !

 

La Commission européenne recommande un moratoire sur la construction de nouveaux incinérateurs

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https://www.zerowastefrance.org/fr/articles/334-la-commission-europeenne-appelle-les-etats-membres-a-instaurer-un-moratoire-sur-la-construction-de-nouveaux-incinerateurs

PRÉVENTION PLUTÔT QU’INCINÉRATION

En France, environ 35% de nos déchets ménagers sont encore incinérés. Cette industrie coûte cher, tant en investissement qu’en exploitation : plusieurs dizaines, voire centaines de millions d’euros pour les plus grosses usines. Celles-ci émettent des polluants dans l’air, l’eau, et produisent des résidus toxiques issus de la combustion qu’il faut encore prendre en charge. Surtout, brûler des déchets revient à détruire des ressources qui auraient pu être économisées, réutilisées ou recyclées.

Toutes ces raisons ont poussé l’Union européenne,  dans une communication officielle de janvier2017 (texte en anglais) et alors que plusieurs directives européennes portant sur l’économie circulaire sont en révision, à réaffirmer sa vision de la gestion des déchets. Selon elle, cette gestion doit désormais se focaliser sur les premiers échelons de la « hiérarchie des modes de traitement » qui guide les priorités dans la prise en charge des déchets, c’est-à-dire la prévention (consistant à éviter de produire des déchets), la réutilisation et le recyclage des déchets.

    UN MORATOIRE SUR LES NOUVEAUX INCINÉRATEURS

Plus intéressant encore, la Commission reconnaît les risques de surcapacité d’incinération, et souligne que ce scénario peut créer des blocages structurels à la réduction progressive des déchets à éliminer. Le raisonnement est simple : l’argent investi pour  construire un incinérateur ne peut être alloué aux politiques de prévention.  De plus, une fois construite, l’usine a besoin de déchets pour fonctionner à plein régime pendant plusieurs dizaine d’année. Une réalité qui peut sérieusement ralentir les velléités de certaines territoires à réduire les déchets et améliorer le recyclage.

Les conclusions de la Commission sont sans appel. Elle préconise aux Etats membres de:

– supprimer les aides publiques à l’incinération des déchets
– accroître les taxes pesant sur ces usines (ce que la France a récemment renoncé à faire),
– et réorienter les financements publics vers des projets tendant vraiment à une économie circulaire.

En conclusion, elle appelle les Etats à instaurer un moratoire sur la construction de nouvelles usines d’incinération.

Cette communication historique reprend donc les éléments clés défendus de longue date par Zero Waste France, afin de mettre en oeuvre une politique zéro déchet, zéro gaspillage. Les promoteurs de nouveaux incinérateurs comme à Ivry, Troyes ou encore La Réunion devront sans aucun doute y prêter attention. Cette communication devrait en outre peser dans l’élaboration en cours des plans régionaux de gestion des déchets.

Des solutions existent, recycler avant de brûler !

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Le pôle de valorisation de déchets ménagers Vernéa, conçu pour optimiser toutes les formes de valorisation, combine fiabilité technique, modularité et respect de l’environnement autour d’une unité de valorisation biologique et d’une unité de valorisation énergétique.

http://www.valtom63.fr/Vernea.html

Le pôle comprend :

Une unité de tri mécanique des ordures ménagères résiduelles, d’une capacité maximale de 205 500 tonnes par an, qui traite toutes les ordures ménagères résiduelles réceptionnées sur le site permettant ainsi l’optimisation de la valorisation matière, énergétique et organique.

Une unité de valorisation biologique composée de deux équipements qui fonctionnent en synergie :

• Une unité de méthanisation de la fraction fermentescible des ordures ménagères, d’une capacité de 18 000 tonnes par an, qui permet la conversion de la biomasse en énergie et produit un amendement organique.
• Une plateforme de compostage des déchets verts, d’une capacité de 8 500 tonnes par an, qui permet la valorisation organique des déchets et l’enrichissement des sols, plus spécifiquement agricoles.

Une unité de valorisation énergétique d’une capacité limitée à 150 000 tonnes par an, qui permet le traitement thermique de la fraction combustible avec valorisation énergétique. L’utilisation de ce procédé permet de diminuer la quantité des déchets ultimes à enfouir tant au niveau du volume (90%) que de la masse (70%).

Une unité de stabilisation biologique, d’une capacité de 51 500 tonnes par an, complémentaire des équipements prévus par le Plan départemental d’élimination des déchets ménagers et assimilés, qui permet quant à elle de réduire d’environ 35% la masse des déchets biodégradables et de limiter encore plus la quantité de déchets à enfouir ainsi que les nuisances des CET (lixiviats et biogaz).

Pour en savoir plus : www.vernea.fr

Le CSR (Combustible Solide de Récupération)

La situation des Combustibles Solides de Récupération en France

Combustible solide de récupération broyé, photo Socor

La fonction sociale des entreprises de FEDEREC, la Fédération Des Entreprises du Recyclage, est de recycler les déchets. Le tissu local d’installations de collecte, de tri et de traitement des déchets participe à la mutation actuelle de la société vers un modèle durable, tant d’un point de vue consommation de matières premières que de celui de la production d’énergie. Au-delà du recyclage de la matière, ces entreprises ont développé la fabrication de matière première combustible recyclée, nommée CSR (Combustible Solide issu du Recyclage). La vocation de cette matière première est d’apporter une énergie peu couteuse et locale à l’industrie française.

Chaque année, entre 100 000 et 200 000 tonnes de capacité de production nouvelles de CSR sont installées par les PME de FEDEREC, portant à 850 000 tonnes la capacité actuelle. Les capacités de consommation par les cimentiers, estimées à 1 millions de tonnes en 2020, seront très bientôt à saturation, si les conditions économiques et administratives sont favorables.

FEDEREC, qui vient de réceptionner une étude complète sur le développement de l’utilisation des CSR en chaudières, tient à rappeler que l’enjeu du développement durable passe par le recyclage matière dans un premier temps et la production de combustible en vue d’une valorisation énergétique dans un second temps, mais aussi par la consommation de ces matières par l’industrie (cimenteries, papèteries, terres cuites, divers fours…). La mise en place de conditions favorables au développement de la filière et à l’accès de l’industrie à ce combustible bon marché est indispensable pour assurer la transition de notre société vers un modèle durable où notre énergie proviendrait en partie de déchets collectés localement et composés en partie de carbone renouvelable. La substitution du charbon importé par ce CSR est pour nous une priorité.

FEDEREC souhaite donc exprimer certains enjeux stratégiques pour ses entreprises :

  • Le CSR est une source locale de combustibles destinés à la production d’une énergie locale.
  • Dans les autres pays européens, la production et la consommation de CSR bénéficient d’un cadre particulier.
  • La maitrise des qualités de CSR, cœur de métier de FEDEREC VALORDEC, et des technologies de combustion adaptées, cœur de métier des partenaires industriels de FEDEREC, garantissent le développement d’une filière responsable et durable.

L’objectif de FEDERC est la mise en place de conditions techniques et administratives assurant la mise à disposition de combustibles recyclés compétitifs pour l’industrie française. Et l’étude qu’elle vient de faire réaliser avec le soutien de l’ADEME, contribue à la réalisation de cet objectif en proposant une classification sous la forme d’une nomenclature pour les CSR et en évaluant les solutions techniques d’usage des CSR dans les installations existantes.

FEDEREC, syndicat professionnel des entreprises du recyclage françaises

Créée en 1945, FEDEREC fédère 1 300 sites adhérents, de la TPE au grand groupe,répartis sur l’ensemble du territoire français et dont l’activité consiste à la collecte, le tri, la valorisation matière des déchets industriels et ménagers ou le négoce/courtage de matières premières recyclées.

Cette industrie représente : 9,1 Mrd€ d’euros de CA ; 451,5 M€ d’investissements, soit 5% du CA ; 26 500 emplois directs et non délocalisables, dont 85% de CDI, soit + 1,8% par rapport à 2013 ; 78 Mt de matières collectées (38,2 Mt de déchets issus du bâtiment et 7,9 Mt de matières organiques sèches) ; 34,6 Mt de volume recyclé commercialisé ; 20 Mt d’émissions de Co2 évité.

FEDEREC est structurée en 12 Branches « Métiers » et 8 Syndicats régionaux.

Contact : FEDERC, 101 rue de Prony – 75017 Paris France – +33 140 54 01 94 –  www.federec.org – contact@federec.com